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 Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana

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Lincoln C. Foster

Message(#) Sujet: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Mer 12 Aoû - 22:19:45

Même lorsque votre ville natale est infestée de zombies et que les seuls survivants que vous rencontrez cherchent tous à vous éliminer pour avoir fait preuve d’un peu trop d’imagination dans vos insultes, il se peut que certaines journées soient plus difficiles à passer que d’autres. Celle-ci l’était particulièrement. Déambulant sans la rassurante présence de mon cabot indiscipliné depuis quelques semaines déjà, je me sentais comme le dernier être humain sur Terre. Certaines découvertes pouvaient insuffler en moi un puissant sentiment d’euphorie pour un temps (comme cette réserve d’alcool fort que j’avais dégotée dans le bureau d’un avocat qui semblait l’avoir quitté sous forme de goule à voir les traces de sang maculant sa moquette), mais une broutille pouvait me jeter dans une colère noire contre l’univers entier pour plus longtemps encore. Et les broutilles n’ont cessé de s’accumuler aujourd’hui…

Tout d’abord, la canicule avait fait fondre ma dernière barre de chocolat dans ma poche, le rendant complètement immangeable tellement elle semblait chercher à fusionner avec l’emballage. Pour en rajouter une couche, j’avais dû piquer un sprint suite à une rencontre avec une demi-douzaine de rôdeurs que je n’étais visiblement pas de taille à affronter. À vadrouiller trop près du stade, j’avais bien dû attirer la moitié de son équipe de basket. Cette course s’était terminée par une chute qui avait déchiré le jean Calvin Klein que je venais tout juste de dérober dans une boutique. J’avais du même coup éraflé mon genou, bien que la blessure n’était que superficielle et ne m’empêchait pas de fuir de nouveau en cas de danger. Tout ceci n’était que du matériel, sans aucune importance dans cette époque où l’on cherchait à voyager léger et à ne pas s’encombrer de l’inutile. Néanmoins, ce jean me faisait un cul d’enfer.

Mais voilà, la situation venait d’empirer puisque je m’étais enfoncé un clou effilé dans l’index droit en inspectant une boîte à outils. J’avais retenu de peine et de misère un cri malgré la douleur pulsante qui me traversait la main. Inutile d’attirer tous les monstres carnassiers à des kilomètres en leur faisant entendre la note la plus aigue que je pouvais produire. Je ne pu toutefois empêcher le déversement de jurons entre mes dents serrées. Docteur Lincoln, que recommandez-vous comme traitement? Je ne pouvais pas me permettre de continuer mes recherches ainsi handicapé. Je retirai le clou d’un coup sec, les larmes me montant aux yeux. Avant de me traiter de faible, tentez l’expérience par vous-même. L’extrémité du doigt possède plusieurs récepteurs tactiles très sensibles. Je tentai d’endiguer le flot de sang, non sans avoir jeté un coup d’œil au préalable afin de mesurer l’étendue des dégâts. La chair de la première phalange avait été gravement charcutée.

Tout en maudissant ces saletés de bricoleurs (et ma malchance innée), je me questionnais sur la marche à suivre. Mon vaccin contre le tétanos était à jour au moment où les zombies avaient envahi notre quotidien. La blessure n’était pas trop longue et un simple bandage standard pourrait m’éviter de trop saigner. Néanmoins, la déchirure semblait profonde. Les points de suture et le désinfectant seraient-ils de mise? Je ne pouvais l’affirmer ou l’infirmer. J’eu alors une idée plutôt brillante, sans vouloir faire preuve de trop de modestie. Il y avait toujours quelques-uns de mes semblables qui supportaient encore ma présence et ces derniers vivaient justement à l’intérieur de l’hôpital de Houston. Ce groupe avait été un véritable salut pour Will, Jane et moi lors de notre sortie à la boutique d’armement qui s’était transformée en rassemblement du secondaire pour les rôdeurs du quartier. Je ne les avais toujours pas remerciés comme il se doit de leur altruisme peu commun. J’espérais que les bouteilles d’alcool que j’avais dénichées feraient office de marque de gratitude et de monnaie d’échange contre un doigt en parfait état.

On me laissa passer à l’entrée lorsque j’exposai ma blessure de guerre. Le garde eut tout de même un rictus en me libérant la voie. Je gravai ses traits dans ma mémoire pour me rappeler de ne pas être tendre avec lui en cas d’altercation future. Parfois je me demande si je ne me suis pas aliéné la moitié de Houston volontairement à force d’être aussi rancunier. Une fois dans l’enceinte de l’hôpital, je cherchai des yeux un visage familier, sans succès. Alors que j’étais sur le point de retourner sur mes pas, ne voulant pas m’aventurer plus en avant dans ce quartier général qui n’était pas le mien, je vis une silhouette connue sortir d’un couloir perpendiculaire et marcher dans la direction opposée à la mienne. « Hey! » interpelai-je avant de la rattraper.

Il s’agissait d’Ayana, la nièce de Jane. L’adolescente nous avait tirés de bien des mauvais pas lors de notre altercation avec les zombies. « Tu sais, je suis étonné de ne pas t’avoir rencontrée à l’entrée. J’aurais cru que tu aurais été promue à la garde après la démonstration de tes talents à la machette. » Comme à mon habitude, je venais de me mettre les pieds dans les plats dès la première phrase. Cette blague que je voulais inoffensive avait été débitée sans réfléchir au préalable. Mackenzie avait promis une cuisante punition à sa fille lorsqu’elle nous avait faussé compagnie pour nous offrir une échappatoire au toit. Parler de cette péripétie n’était peut-être pas le meilleur moyen de lui coller le sourire aux lèvres. Plus tu fais des efforts et moins tu changes Lincoln.

J’enchaînai rapidement sur le véritable but de ma visite. Je déroulai la gaze autour de mon doigt et lui montrai la cause de tous mes maux. Vue sous les néons de l’hôpital, cette coupure semble pire encore. « J’étais passé faire un tour pour faire soigner cette horrible lésion et du même coup vous apporter un antisceptique de fortune pour vous remercier de votre intervention à la boutique d’armes. » Je sortis une bouteille de mon sac et la lui tendis. Si Ke$ha peut se brosser les dents avec ça, je ne vois pas pourquoi un chirurgien ne pourrait pas s’en servir pour désinfecter une plaie ouverte. Avec des réflexions pareilles, je pouvais bien être victime d’accidents les uns après les autres.
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Ayana Masson

Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Mer 12 Aoû - 23:06:06

J’étais de corvée sur a peu près tout ce qui existait de corvée dans cet établissement. C’était la punition que Mackenzie m’avait imposée pour ma désobéissance. Elle avait reconnue que je m’étais bien débrouiller, mais elle avait dit que ne pas obéir aurait pu être très dangereux pour moi et l’avait grandement inquiéter. Je n’étais pas triste, la plupart des corvées, j’en m’en occupais déjà. Elle avait ajouté le désherbage du jardin et ramasser les matières fécales des animaux de Chris. Ça c’était moins drôle, dégoutant en fait. Plus que les salles de bain utilisé par les membres du groupe. Je venais de faire une pause en allant voir Samy, que Hunter et Willow avaient ramené dans un triste état, je sortais de sa chambre lorsque j’entendis quelqu’un qui semblait m’appeler. La voix me disait vaguement quelque chose, lorsque je me retournai, je reconnu l’un des deux hommes de boutique aux armes. Il arrivait vers moi. Je ne pus m’empêcher de sourire lorsqu’il me taquina en disant qu’il s’attendait à me voir promu garde à l’entrée suite à mes prouesses pendant notre sortie.

-Hum, mes prouesses ont été reconnues. J’ai été promu chef du « touski ». Tout ce qui se lave, tout ce qui se range, tout ce qui pue doit être nettoyé, tout ce qui n’est pas comestible doit être enlevé du jardin... La reine du « touski » même je dirais.

Je ne pus m’empêcher de rire tout en haussant les épaules.

-Mais c’est bon, au moins c’était une punition sans coups ni cris, c’était étrange pour moi je dois dire.

En effet, les familles d’accueils m’avaient appris les punitions violentes et tout en cris. J’en avais entendu des horreurs dans ma vie. Toutes les insultes inimaginables. Mais bon, je ne m’étais pas arrêté à ça non plus, je savais ce que je valais quand même mieux que ces profiteurs du système. Mon sourire s’effaça lorsque l’homme m’expliqua la raison de sa venue. Il me montra sa blessure au doigt, ce n’était pas beau, pas beau du tout. Je savais que Kaleb était occupé avec une patiente, je pouvais quand même nettoyer la plaie le temps qu’il termine sa consultation. Je regardai Lincoln.

-Pour l’échange ce n’est pas avec moi qu’il faut traiter. Kaleb est occupé, c’est lui le doc ici. Mais je peux quand même nettoyer la plaie en attendant qu’il l’examine.

Je regardai l’homme dans les yeux.

-Tu me fais confiance?

Certains ne me laisseraient pas toucher à leur plaie, d’autres m’auraient dit des insultes ou diraient simplement qu’ils ne laisseraient une adolescente pute sans parents les toucher. Bon, depuis qu’ils avaient instauré des règles, les choses s’étaient un peu améliorées, les commentaires étaient moins présents, mais je n’étais pas dupe. J’entendais ce que l’on disait dans mon dos, tout comme ce que l’on disait dans celui d’Andrea. Lenny veillait à ce que la situation qui était arrivé avec Shawn ne se reproduise pas, cet homme avait dû mourir de la main de Hunter suite à une agression qu’il avait commis sur Andrea et des menaces qu’il avait proféré envers Willow et Andrea. Je chassai ses pensées sombres de ma tête. Elle me rappelait trop ma propre agression. Ce mec m’avait brisé le nez et les membres du groupe l’avait fichu à la porte. Sa femme, enceinte, était toujours ici ayant préféré ne pas le suivre vu son état. Elle me fusillait du regard chaque fois qu’elle me croisait. Je m’en fichais, son mari avait simplement à ne pas essayer de me mettre dans son lit. Ce n’était quand même pas ma faute s’il aimait les petites adolescentes.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Jeu 13 Aoû - 14:28:27

Ayana ne semblait pas prendre sa pénitence trop mal, ce qui me permis de me sentir moins coupable d’avoir abordé le sujet. Bien que je détestais l’admettre, les conseils de Terminator sur le fait de me mordre la langue avant de parler s’appliquaient autant à des conversations amicales qu’à des rencontres hostiles. Mes jours de mutisme commençaient à me peser et je me mettais à dire n’importe quoi dès que l’occasion s’en présentait. Toutefois, bien qu’elle l’ait lancé avec désinvolture, la dernière réplique d’Ayana sur sa sanction me fit tiquer. Une punition sans coups ni cris, qu’elle qualifiait d’étrange à ses yeux? À ce qu’il semblait, Ayana avait commencé à vivre à la dure bien avant l’arrivée des rôdeurs. Pas étonnant que ce soit la seule survivante de moins de vingt-cinq ans que j’avais rencontré durant mon périple à Houston. On apprenait vite à se faire invisible pour éviter ce type de châtiment violent, un atout indéniable face à ces zombies aux aguets.

Ma réflexion sur son passé pris un tournant lorsque je me souvins de qui étaient ses parents. Lors de notre première rencontre, j’avais assumé qu’Ayana était la fille biologique de Kaleb et Mackenzie. Je venais maintenant de réaliser que Mackenzie était trop jeune pour être sa mère naturelle, à moins d’avoir été elle-même une adolescente lors de sa grossesse. Je lui donnais tout au plus la fin vingtaine, bien que je n’étais pas le meilleur à ce genre de devinettes. Quant à Kaleb, bien qu’il me semblait plus âgé que sa conjointe, j’écartai toute possibilité qu’il soit le géniteur de la fille devant moi. Si j’avais appris une seule chose de cette histoire au magasin Lancaster, c’était que les membres de l’hôpital formaient un clan tissé serré, se protégeant les uns les autres et veillant farouchement à la sécurité de leurs proches. Je ne pouvais pas concevoir que ce grand gaillard de Kaleb puisse s’en prendre physiquement à sa propre fille. Cette vision semblait incompatible avec le personnage de médecin charitable que j’avais rencontré.

Bien que Jane ne soit pas présente dans la pièce, elle me permis de rejeter tout résidu de soupçon quant à son frère. Je la savais dotée d’une moralité irréprochable quant à son prochain, m’ayant sauvé la vie alors qu’elle aurait préféré quitter ma présence au plus vite. Elle n’aurait pas continué de fréquenter son propre sang si elle le savait capable de blesser sa nièce. Voilà qui me permettait de déduire qu’Ayana avait été adoptée. J’étais curieux de nature face à mes semblables, mais j’avais appris à mes dépends que les liens familiaux étaient un sujet souvent trop sensible pour être abordés lors d’une première rencontre. Ainsi je retins toute question histoire de garder le ton de la conversation léger et gai.

Ayana me signifia que je devrais attendre son père pour procéder à l’échange, mais qu’elle pouvait se charger de nettoyer ma plaie si je lui faisais confiance. Cette formulation me fit sourire. Elle devait bien vivre ici depuis un petit moment et donc en avoir appris suffisamment sur l’hygiène et la salubrité essentielle à la guérison. « Si tu es aussi la reine du tout-ce-qui-se-désinfecte, bien sûr que je te fais confiance. Montre-moi le chemin et je te suis. » Peut-être qu’après un bon décrassage en règle, cette lésion ne me paraitrait plus aussi problématique. J’avais peut-être réagi excessivement pour une coupure, mais je préférais ne pas prendre de chance plutôt que de devoir me faire amputer de l’index dans les semaines suivantes. On prenait facilement nos mains pour acquis alors qu’elles étaient essentielles à notre exploration du monde. De plus, étant droitier, je préférais garder ce membre intact. J’avais d’autres chats à fouetter que j’apprendre à écrire de la gauche.

Durant notre procession, je jetais des regards dans toutes les directions, bouche-bée face à tout ce que ces survivants avaient réussi à construire. Un semblant d’ordre et de cohésion flottait dans l’air malgré le niveau de peuplement des lieux. Je voyais maintenant l’hôpital comme un véritable oasis épargné par la vague des rôdeurs. « C’est fascinant de voir un endroit comme celui-ci à notre époque. On se croirait presque revenus plusieurs mois en arrière. Je me demande encore comment vous faîtes pour garder ce refuge intact et fonctionnel. Il y a tant de gens, tant de besoins, mais cet hôpital semble tourner comme une ruche d’abeilles. » Le terme me semblait approprié, chacun ayant son rôle à jouer dans l’organisation. Si je venais les rejoindre, à quoi pourrais-je bien servir? Je ne suis qu’un photographe sans talent, pas de quoi me nommer expert en imagerie médicale. Je réalisais peu à peu l’étendue de mes lacunes. Jane et Will pouvaient préférer la solitude à la compagnie, mais je savais que l’ensemble des parties individuelles ne serait jamais supérieur au tout qu’elles formaient. Un être humain ne pouvait pas tenir les rôles d’archéologue, combattant, soigneur, cuisinier et cartographe à lui seul, peu importe sa volonté. Une chose est sûre, le poste d’idiot du village me serait attitré sans broncher.
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Ayana Masson

Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Jeu 13 Aoû - 20:50:09

-La reine du tout-ce-qui-se-désinfecte hein? Oui, je pense que je suis devenue assez bonne là-dedans aussi. Quand Kaleb était dans l’armée, il faisait la stérilisation par lui-même. Ici, il a recommencé à le faire et m’a appris.

J’entraînais Lincoln à ma suite. Je pouvais voir que sa tête semblait faire des liens. Lesquels, je ne pouvais pas savoir. Je ne savais pas qu’il se posait des questions sur mon passé S’il savait … ma vie n’avait pas été très rose, en fait, depuis l’arrivée des zombies, plus précisément mon arrivée dans cet hôpital, ma vie était plus facile que jamais. J’avais trois repas par jours, une famille qui m’aimait sans me juger malgré tout ce que j’avais pu faire pour survivre, deux personnes adorables qui étaient devenus comme des parents pour moi. Tout ce que je n’avais pas eu avant. J’écoutai les propos de Linc sur cet endroit, je ne pus m’empêcher d’avoir un sourire.

-Tu sais, cet endroit est ouvert à tous si tu en as envie. Il y a eu de petits ajustements à faire ces derniers temps. Plusieurs humains vivant sous un même toit peuvent parfois créer des tensions. Il y en a qui donne un coup de main, d’autre qui se laisse vivre. Pourtant, ce n’est pas les tâches qui manquent ici.

Je le fis entrer dans la salle qui servait de salle d’examen. Quelques jours plutôt j’y avais retrouvé mon ami d’enfance. J’indiquai un tabouret à Lincoln avait de me diriger vers l’armoire pour prendre ce qu’il fallait. Quelques bandages, de l’eau, une pince aussi pour les peaux mortes. Mais ça, se serait pour Kaleb plus tard. Je sortis aussi le kit de suture, tout serait prêt pour l’arrivée du docteur. Je regardai Lincoln.

-T’en fait, je ne fais pas les points. Je ne fais que préparer ce dont Kal aura besoin. Moi, je vais me contenter de la bassine, du linge et de l’eau.

Je m’installai face à l’homme et commençai le nettoyage. Tout en m’appliquant à ma tâche, je tentai de le distraire en papotant un peu.

-Pour ce qui est des besoins, le groupe que tu as rencontré dans l’armurerie sort chercher tout ce dont nous avons besoin. Nous avons quelques animaux qui donnent du lait, des œufs aussi, Willow à fait un jardin sur le toit, quelques légumes commencent à y pousser. Amy s’avère est une pro de la chasse, elle nous rapporte du gibier de temps à autre et Andy est une cuisinière qui fait des miracles avec un rien.

Parler sans arrêt pour distraire quelqu’un était un de mes passe-temps favoris. Oh, je discutais avec les autres aussi bien sur, mais ça permettait au « patient » de se détendre et d’oublier sa douleur.

-Moi, je fais un peu de tout. Je n’avais pas de talent particulier, alors j’essaie d’aider un peu tout le monde. De toute façon, avec tout ce qu’il y a à faire ici, on trouve aisément à se rendre utile.

Elle regarda Lincoln, il savait reconnaître la solitude quand elle la rencontrait. Elle avait vécu dans la rue, elle avait été seule plus souvent qu’à son tour. Elle connaissait ce sentiment, profondément.

-Tu sais Lincoln, ici même les chiens sont acceptés. Le tien serait traiter aux petits oignons, oh peut-être qu’il finirait un peu gras, mais Willow est vétérinaire, donc elle pourra le soigner en cas de besoin. D’ailleurs, il est où ton chien? C’était bien le tien non?
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Lincoln C. Foster

Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Ven 14 Aoû - 10:54:37

Le matériel était maintenant étalé sur la table et je commençais à anticiper avec crainte la suite de mon traitement. Je n’avais pas eu à me rendre souvent dans un établissement de santé dans mon ancienne vie. En fait, je crois que je n’avais pas revu les couloirs de cet édifice depuis ma naissance, ou presque. La remarque de l’adolescente quant au fait que ce serait Kaleb qui se servirait des objets pointus n’apaisa aucunement mes craintes. Tôt ou tard, j’aurais à subir leur morsure dans mon index. Tu n’es pas venu ici pour jouer les mauviettes. Tu veux un doigt en état? Il va falloir endurer plus que des chatouillis pour ça. Je ravalai ma salive, préparé pour la première étape de la procédure. Quand Ayana eu terminé de préparer bassine, eau et linge propre, j’étendis le doigt au-devant pour la laisser faire son travail. Les dents serrées, je tentais de ne produire aucun son. À vrai dire, l’infirmière bénévole s’y prenait plutôt bien pour que je me concentre sur autre chose que la douleur, entretenant la conversation à elle seule.

En chemin, j’avais appris que ce lieu était ouvert à tous. Moi qui avais cru qu’il fallait montrer une preuve de notre souffrance pour avoir droit à l’asile et au docteur. Le travail était constant selon Ayana, mais je me doutais bien qu’une telle machine devait être huilée pour répondre au quart de tour. Durant les premières minutes du nettoyage, je fus surpris de découvrir qu’il y avait même un jardin et un élevage dans ces lieux. Cela montrait une véritable vision à long terme, la poursuite d’un objectif qui s’étalait sur plus de quelques jours. Nous autres survivants au dehors cherchions tous à passer au travers de la journée en cours, nous levant chaque matin en sachant que le travail de la veille devait être repris à zéro. Avant de véritablement déambuler en solitaire dans la ville, j’avais eu un élan d’optimisme. Je croyais que l’union des survivants nous permettrait de nous sortir de l’ombre et de préparer un avenir sans danger, sans rôdeurs, sans pénuries. J’avais vite déchanté face à l’abattement de mes semblables. Je voyais maintenant que d’autres avait réussi à réaliser la vision floue que j’avais entretenu si longtemps.

D’une certaine façon, je sentais qu’Ayana voulait m’inciter à me joindre au groupe. Une paire de bras de plus était toujours bonne à prendre en ce lieu, que ce soit pour du travail technique spécifique ou pour l’entretien de routine. Les expéditions extérieures me seraient certainement refusées, tout le groupe ayant vu avec quelle facilité j’attirais les ennuis comme un aimant à problème. Néanmoins, peut-être pourrais-je apprendre le maniement de l’arc et accompagner Amy dans sa recherche de gibier, ou encore me découvrir le pouce vert et entretenir les légumes de Willow. Mon appareil Polaroid qui prenait la poussière dans le coffre de ma Jeep pourrait même m’être d’une certaine utilité s’il me prenait l’envie de documenter l’époque actuelle pour la postérité. Perdu dans mes pensées, je me construisais un futur que j’avais auparavant à peine osé espérer. Lors de ma première rencontre avec Jane, j’avais naïvement posé la question quant à un éventuel oasis pour les survivants. Cette dernière m’avait répondu que de telles structures embryonnaires existaient bel et bien, mais seraient somme toute condamnée à l’effondrement plus rapidement qu’on le croyait. Maintenant que j’avais sous les yeux cet hôpital, je ne pouvais concevoir que Jane ait pu me rétorquer une bêtise pareille. Ce n’était assurément pas par ignorance, je pouvais en être certain.

Affable de compagnie, j’étais content de retrouver les conversations qui m’étaient proscrites au dehors. Ayana en vint à parler de Buster, ce qui me fit descendre quelque peu du nuage sur lequel je flottais. Ce chien me manquait terriblement, mais je savais que je n’arriverais jamais à l’éduquer seul, ayant déjà assez de difficulté à contrôler mon propre comportement autodestructeur. « Buster est notre chien à Will et moi. Il est présentement en cours de dressage, je ne peux qu’espérer que cela se passe au plus vite afin de le retrouver bientôt. » Le canin avait longtemps été la seule présence durant mes vagabondages. Le laisser à Will m’avait déchiré de l’intérieur, une faille plus sanglante que celle sur mon index. Penser à mon cabot brisa la bulle de positivisme qui m’entourait et me fit revenir sur Terre. « Je suis sûr que cet endroit est accueillant et chaleureux, autant pour les chiens que pour nous autres humains. Mais ça ne doit pas être toujours facile non plus, je me trompe? » Après tout, je n’avais vu qu’un seul côté de la médaille. Quand on pense s’engager dans un projet, il faut avant tout connaître les avantages ET les inconvénients.
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Ayana Masson

Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Ven 14 Aoû - 12:38:50

Lincoln semblait nostalgique en parlant de Buster. Il s’agissait de son chien autant que celui de Will, Will étant l’autre homme qui s’était trouvé dans la boutique. Linc était triste, ça se voyait. L’homme passa un commentaire qui me fit lever les yeux vers lui. Bien entendu, ce n’était pas rose tous les jours. J’avais encore de légère trace de mon nez cassé. Mais les plus visibles avait heureusement disparu. Ne restait qu’une égratignure. Je terminai mon nettoyage avant de lui répondre. Je préférais peser le pour et le contre de ce que j’allais dire. En même temps, tout ceux qui me connaissait vraiment savait mon histoire, ou du moins, une bonne partie.

-Avant de répondre à ta question, je fais te raconter mon histoire, enfin, une partie sinon tu en aurais pour la journée d’accord. Ensuite, je te donnerai mon point de vue sur le côté négatif de cet endroit et tu seras à même de juger ce qui est pire entre les deux.

J’étais une bonne référence pour ce qui était du pire. Alors s’il trouvait que cet endroit n’était pas assez bien pour ce qu’il vivait dehors, il ne se contenterait jamais de rien. Je ne voulais pas dire par là qu’il n’avait pas le droit d’aller seul, non. Mais pour moi, vivre dehors ou vivre ici, le choix était facile. J’avais trouvé un équilibre, une famille. Le bien compensait pour le mal. Non, je ne regrettais pas mon choix.

-J’ai vécu dans des familles d’accueil dans ma jeunesse. Bon, tu me diras que je ne suis pas très vieille, mais la vie vous donne parfois un parcours qui fait que vous vous sentez plus âgé que votre âge. C’est mon cas.

Le doigt nettoyé, je lui fis ce que Kaleb appelait « une catin ». J’avais trouvé ce terme très drôle. Il consistait à envelopper le membre au complet (généralement un doigt ou un orteil) dans une gaze stérile et faire tenir le tout avec un bout de scotch. C’était amusant, pour les enfants, Kaleb s’amusait même à faire des yeux et un sourire, les enfants pouvaient ainsi jouer avec leur petite blessure. Je devais maintenant continuer mon histoire pour Lincoln. Histoire… si seulement ce n’était qu’une fiction. « La catin » permettrait de garder la plaie net jusqu’à ce que Kal puisse la refermer.

-À l’âge de huit ans, j’en ai eu assez de ces gens qui ne me gardaient chez eux que pour l’argent que le gouvernement leur donnait. Des coups, des cris, j’en avais assez entendu. Je me suis enfui et j’ai vécu dans la rue la majorité du temps. Je suis ce qu’on appel, une enfant des rues. Je sais, ça fait simpliste, mais ce n’est pas moi qui aie inventé le terme.

Ayant terminé mon travail, je levé les yeux du doigt de l’homme et le regardai directement.

-J’ai eu à faire beaucoup de chose pour survivre Linc, comme coucher avec des hommes pour pouvoir avoir au moins un repas dans ma journée. Je ne peux pas dire que j’en suis fière, mais je l’ai fait.

Je me levai et allai au petit frigo que gardait Kaleb dans cette pièce, il y avait de l’eau. J’en pris une bouteille et la rapportai avec moi la tendant à Lincoln.

-Quand les zombies sont arrivées, j’ai continué à me débrouiller seule. Tout allait bien au début, mais un pauvre type qui voulait mon sac m’a attaqué et laissé pour morte. Mackenzie et Kaleb m’ont sauvé la vie, autant en me ramenant ici qu’en me soignant.

Je repris ma place sur mon tabouret face à l’homme. Ce n’était pas aussi difficile que je le croyais de lui raconter ça. D’accord, je n’étais pas entrée dans tous les détails les plus sordides car oui, il en y avait de bien pire, mais quand même. Ce que je lui disais, les autres le savaient, mais ils ne l’avaient pas su en bloc comme lui.

-Il y a une semaine ou deux, je ne sais plus. J’ai été agressé dans ses murs. Un ancien client qui voulait que je lui donne, ce que je lui donnais avant. Mais je ne fais plus ça. Je me rends utile pour payer ce que je prends comme fournitures, je ne me donne plus. Mais il ne là pas compris.


J’eus un soupire à ce souvenir.

-Il a été renvoyé. Une autre femme s’est aussi fait agressée, la situation s’est terminée de façon plus dramatique pour l’agresseur. Nous sommes à mettre en place un système de sécurité, des gens qui veilleront sur les autres. Veilleront à ce que ce genre de situation n’arrive plus.

Je pris le temps de le regarder à nouveau.

-Ce système n’est pas parfait, il a ses lacunes. Tu dois aussi partager ta chambre, souvent avec un étranger. Mais sincèrement Lincoln, je préfère subir ce genre de désagrément à la vie que je menais dans la rue. Ici, la solitude ne me pèse plus. J’ai appris ce qu’était une famille et on m’apprend même à lire et à écrire. Tu me diras que ce n’est peut-être pas utile et ne le sera peut-être plus jamais, mais tant pis. J’aime qu’on me l’apprenne, j’aime faire l’effort d’ouvrir un livre et tenter de comprendre ce qu’il raconte.

J’haussai les épaules. Mon histoire se terminait ainsi. Oh, il y avait encore plein de chose à raconter, mais ce genre de chose était plus digne d’un film d’horreur que d’une histoire avec une belle fin.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Sam 15 Aoû - 11:16:09

Dès qu’Ayana m’informa qu’elle allait me divulguer certains détails de sa vie, je ressenti une certaine appréhension. Elle m’avait déjà dévoilé avoir subi de mauvais traitements et la formalité dans sa voix me laissait croire que son passé recelait d’anecdotes pires encore. Jamais je ne me serais attendu à autant d’horreurs en quelques phrases seulement. Familles d’accueils profiteuses, fugue dans les rues, prostitution, agression quasi-mortelle, tentative de viol à l’intérieur même de l’hôpital… Ayana avait bien raison quand elle disait que certaines expériences avaient la capacité de vous faire grandir plus vite que les autres. Trop vite. La maturité de la jeune fille transparaissait dans ses gestes, dans sa façon de chercher à se rendre utile aux autres au lieu de se vautrer dans l’indolence, dans l’acceptation de sa punition, sachant qu’il y avait bien pire que les tâches qu’on lui avait imposées.

Tout le monde avait le droit à une enfance normale. Nous pouvions bien nous vanter qu’en tant qu’Américains, nous avions la chance d’offrir un mode de vie idyllique aux gamins durant ces années déterminantes, la vérité était tout autre. Ayana l’avait bien dit, elle n’avait pas inventé le terme enfant des rues. Si on l’utilisait, c’était qu’il décrivait une réalité dérangeante et toujours d’actualité pour plusieurs jeunes. Je commençais à mieux comprendre le comportement des autres membres du groupe à l’égard de l’adolescente. Ce que j’avais pris pour de la surprotection ou de l’infantilisation au départ était avant tout un moyen de rappeler à Ayana qu’elle n’était pas encore adulte malgré les épreuves traversées et qu’elle avait donc toujours une parcelle d’enfance à vivre. Elle avait le droit à la sécurité et à l’amour de ses proches.

« Je suis désolé de ce que tu as vécu Ayana. C’est… c’est tout simplement révoltant que quelqu’un de ton âge ait eu à subir autant d’injustices. Je suis content pour toi que tu sois tombée sur Mackenzie et Kaleb. Je n’ai pas eu à les côtoyer plus que quelques heures pour réaliser à quel point ils tiennent à toi. » C’était bien vrai, le couple veillait farouchement sur leur protégée. Durant notre discussion, Ayana m’avait informé que le système de l’hôpital n’était pas parfait et qu’une autre femme avait subi une agression semblable à la sienne. On ne pouvait blâmer le refuge pour les incidents de ce genre. Certains hommes avaient abandonné leurs derniers lambeaux d’humanité bien avant cette épidémie. « Certains de nos semblables sont de véritables monstres. Votre organisation n’est pas responsable du comportement de tels individus. Vous accueillez tous ceux qui le désirent, mais vous ne pouvez pas déterminer d’avance si ces derniers vont mordre la main qui les nourrit. C’est tout de même sécurisant de savoir que vous tentez de limiter ce genre de situations. »

Pour Ayana, les inconvénients de la vie en communauté semblait bénins comparés à ceux qu’on subissait au dehors. Cette acceptation de sa condition me fit jeter un regard sur mon propre comportement et j’en ressentis de la culpabilité. J’avais eu la chance de grandir dans une famille m’offrant tout le soutien nécessaire et de ne connaître du drame que quelques soucis financiers et un échec au niveau carrière. Mes problèmes passés me semblaient minimes comparativement à ceux de mon interlocutrice, mais ils avaient tout de même réussi à m’obséder jusqu’à altérer mon jugement. En effet, refusant de connaître la même solitude qu’auparavant, j’avais mis de côté toute prudence et attiré de graves ennuis aux survivants que je côtoyais. Résultat, je me retrouvais maintenant plus seul que je ne l’avais jamais été. Tandis qu’Ayana semblait avoir accepté son passé et les contraintes de son présent, je refusais catégoriquement d’en faire de même alors que le chemin que j’avais à parcourir était négligeable en comparaison. Je réalisai l’étendue de ma bêtise et me promis de concentrer ma vision sur le positif dans le futur. J’étais peut-être seul, mais j’étais en vie. C’était déjà mieux que pour plusieurs.

Le nettoyage de ma plaie semblait terminé, mais le docteur n’avait toujours pas fait son apparition dans la pièce. Bien qu’Ayana ait des corvées à accomplir, je ne désirais pas la voir partir et me retrouver seul. Autant faire durer la conversation tandis que j’avais la chance de pouvoir dialoguer. « Apprendre à lire ne sera jamais inutile. C’est même une initiative louable. Tu ne fais que t’ouvrir encore plus de portes. Les seules connaissances qu’ils nous restent d’antan se trouvent maintenant dans les livres. Tu auras la chance de développer tes capacités, peu importe ce que tu comptes devenir. » Une battante comme Ayana devait bien avoir des projets à long terme elle aussi. L’espoir est souvent la seule chose qui nous permet de mettre le pied hors du lit à chaque matin.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Lun 17 Aoû - 10:36:52

-Ne sois pas désolé pour moi Lincoln. J’aurais aimé avoir une famille, mais je me dis que, ce que j’ai vécu avant, fait que je suis toujours en vie maintenant.

Je devais ma force à toutes ses épreuves que j’avais traversées. J’avais survécu dans ce monde cauchemardesque car il n’était pas très différent de ce que je vivais dans la rue. Les zombies fonctionnaient à l’instinct, ils ne réfléchissaient pas. Ils faisaient donc du mal, sans savoir qu’ils en faisaient. Mais les humains, comme cet homme qui avait failli lui enlever la vie ou celui qui, dans ses murs, m’avait attaqué, avaient toutes leurs têtes, leurs intelligences.

-Tu as raison sur un point, je suis bien tombée ici. Toi aussi tu pourrais bien tomber. J’ai connu la solitude, c’est bien un temps, mais ça pèse aussi. Je reconnais cette même solitude dans tes yeux. Si j’ai pu trouver une telle famille après tout ce temps seule, je crois que tu trouveras chaussure à ton pieds ici.

Je hochai la tête lorsqu’il parla de notre essai à enrayer les agressions. Sécurisant, oui, c’était sécurisant en effet de savoir que Lenny prenait les choses en main et mettait sur pieds une équipe qui veillerait au bien être de nos gens. Nos gens, je me comptais comme ceux qui avaient créé cet endroit. Comme un membre de leur famille. Oui, ils me faisaient sentir comme un membre de leur famille. J’étais bien avec eux, je voulais que Samuel le soit aussi et peut-être avais-je envie que cet inconnu, plus si inconnu maintenant, qui me faisait face, en soit aussi. Lincoln me faisait penser à moi avant de rencontrer ses gens, je me retrouvais dans ses yeux. Il n’avait aucune envie que je le laisse seul dans cette pièce, pas même pour aller prévenir Kal. Je le sentais. Il me parla de la lecture, de mon apprentissage. M’indiqua que ce n’était pas inutile. Je hochais la tête de nouveau.

-Si tu restes, tu pourras toujours m’apprendre. Ce pourrait être un peu, ta tâche attribuer. Enfin, tu peux faire ce que tu veux, mais une personne de plus qui m’enseignerait ce serait bien. Je m’installe souvent dans l’atelier de Raffael pour lire, quand les termes sont trop difficiles, il m’aide.

Ils m’aidaient tous bien sur, mais j’aimais particulièrement rester près de Raffael. Il ne parlait pas beaucoup, était d’une patience d’ange avec moi et surtout, il ne posait pas de question. J’adorais ça. Je pouvais lui raconter des trucs, mais jamais il ne demandait plus que ce que j’avais envie de dire.

-Il n’est pas le seul, mais son atelier est un endroit rassurant pour moi. En fait, les gens on un peu peur, Raffael n’est pas un grand bavard et c’est lui qui s’occupe d’armer tout le monde, ils ne veulent pas se retrouver sans armes alors ils se tiennent tranquille et loin de son atelier.

Une autre idée me vint à l’esprit.

-Tu pourrais aussi te joindre à ceux qui veillent à notre sécurité. Ce serait bon pour toi!

Il semblait un peu gaffeur, mais justement, ce rôle pourrait l’aider à regarder un peu de confiance en ses moyens. Je regardai l’homme, son doigt attendait depuis quelques instants déjà. Je devais aller voir si Kaleb pouvait venir faire les points.

-Ça te va si te laisses le temps d’aller chercher Kaleb?
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Lun 17 Aoû - 18:21:40

Encore une fois, Ayana m’avait tendu la perche pour que je rejoigne leur groupe. Ma solitude avait fait écho à celle qu’elle avait connue dans la rue. Bien que mon isolement fût d’abord le résultat de mon choix de profession, étant toujours trop occuper à immortaliser les moments des autres pour vive pleinement les miens, puis la conséquence de mes actions irréfléchies, Ayana était en mesure d’en connaître les effets dévastateurs sur une personne. L’adolescente avait un bon point en déclarant que si elle avait pu y trouver une famille après toutes ces années de fuite, je pourrais bien en venir à considérer l’hôpital comme un nouveau foyer. Les opportunités d’occupations pleuvaient en cet endroit, que ce soit instructeur de lecture, garde à l’entrée, approvisionneur… Et puis n’étais-ce pas ce dont j’avais rêvé en sortant? Une communauté de survivants unis, chacun mettant à profit ses aptitudes afin de connaître un semblant de vie normale? Ce songe m’était maintenant offert sur un plateau d’argent. Ici, Buster pourrait courir sans risquer d’ameuter tous les rôdeurs des environs et je pourrais combler mon manque de compagnie n’importe quand sans craindre un énième fusil contre ma tempe, geste souvent causé par la méfiance de mes semblables.

Malgré l’avenir doré qui m’étais promis si je me joignais à l’hôpital, quelque chose semblait me retenir, me tirer vers l’arrière. Mon doigt pouvait bien être soigné de quelques points, mais qu’en était-il de mon esprit? Mon passé me rattrapait chaque jour de plus en plus tandis que les obligations guidaient à nouveau mes choix au lieu de mes envies égoïstes. Néanmoins, la solitude dont j’avais l’habitude alors ne m’était plus aussi supportable. L’être humain étant un être social, il était plus que normal que nous recherchions la compagnie de nos semblables, mais cela n’altérait pas la nécessité de se débrouiller par nous-même parfois. Ayana l’avait elle-même déclaré, ce qu’elle avait vécu avant avait fait en sorte qu’elle soit la survivante que je voyais maintenant devant moi. Si je voulais moi aussi survivre, j’allais devoir faire comme elle et accepter mon passé. Cela signifiait admettre que je puisse à nouveau être seul sans me sentir comme le Lincoln malheureux d’antan. J’avais déjà fait une partie de ce chemin depuis que j’avais laissé Buster entre les mains de Will. J’avais appris à faire preuve de prudence, de méfiance et à trouver mon divertissement dans de simples activités comme les cartes ou la lecture. Toutefois, je ne pouvais pas me dire entièrement guéri. N’était-ce pas moi qui avais accouru vers l’hôpital en recherche de compagnie dès que j’avais eu la moindre petite coupure comme alibi?

Et que pourrais-je apporter à cet oasis si j’avais encore du mal à faire passer ma propre survie avant mon amusement personnel? Il serait étonnant que les blagues et les folles escapades dont j’avais l’habitude me permettent de payer ma place ici. Même si je me savais capable de passe outre ma propre sécurité pour quelques instants de distraction, je ne pouvais tolérer de faire subir la même chose aux autres humains. Être responsable de la mort de quelqu’un… J’en crèverais de remords. Si je venais tout juste de quitter le manoir, j’aurais sans hésitation rejoint ce groupe. Toutefois, je sentais que je ne pouvais plus faire ce choix aussi aisément maintenant que j’avais côtoyé Will et Jane. Était-ce l’orgueil qui me poussait à leur montrer que je savais me débrouiller sans eux ou encore une façon de me racheter à leurs yeux après les avoir tant de fois en danger? Je ne pouvais encore mettre le doigt sur ce qui me motivait réellement à poursuivre ce masochisme. La porte sur ma vie idyllique s’était refermée, bien qu’elle restait entrebâillée pour laisser entrer la lumière. « Ayana, je crois que tu sais à quel point je meurs d’envie de laisser cette vie de reclus derrière moi, mais dans l’état où je suis, je ne peux vous être d’aucune utilité. J’ai encore tout à apprendre de la survie si je veux un jour me permettre de côtoyer les miens sans risque. » J’espérais que cette réponse ne la décevrait pas trop, mais c’était la seule que je pouvais lui offrir pour l’instant. « Je ne connais pas ton oncle, mais je suis sûr qu’il n’aurait pas apprécié de se voir voler sa place de professeur », dis-je avec le sourire pour rendre le refus moins dur.

Ayana proposa ensuite d’aller chercher Kaleb elle-même. « Oui bien sûr, je doute que ce doigt puisse se recoudre seul. Mais avant… » Je me penchai vers mon sac et en ressorti une toute petite bouteille que je tendis à Ayana en remerciement de ses soins et de sa conversation. Il s’agissait d’un de ces échantillons d’alcool, insuffisant pour une bonne cuite. Bien que la police ne fût plus en fonction pour empêcher les moins de vingt-et-un ans de boire, je préférais ne pas lui offrir une flasque de vodka pleine, craignant que Kaleb ou Mackenzie ne décide que j’avais une mauvaise influence sur les habitants de l’hôpital. « Cadeau. Il serait dommage que toutes ces bonnes bouteilles servent uniquement d’anesthésiant de secours. Il faut bien que quelqu’un les utilise pour s’amuser un peu. » Comme je l’avais pensé plus tôt, Ayana avait toujours une partie de sa jeunesse devant elle. Si quelqu’un méritait quelques instants d’insouciance, c’était bien elle.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Mer 19 Aoû - 20:08:48

J’eus un sourire en entendant les propos de Lincoln, sa réponse n’avait rien de drôle. Non, ce n’était pas la question. J’aurais pu anticiper celle-ci en fait, je le savais. Lincoln ne se jugeait pas assez bien pour cet endroit, c’était tellement évident. Je ne pouvais pas lui tordre un bras pour le faire accepter de rester, cependant je pouvais tout de même lui exposer mon point de vue.

-Tu crois que la survie ne s’apprend que dans les rues Lincoln? Je croyais tout savoir en arrivant ici, mais Mackenzie m’a appris à me servir d’une arme à feu correctement, Hunter et Amy me donnent des cours sur le maniement d’arbalète et d’arc. J’apprends tous les jours. Je comprends ton désir de le faire par toi-même, mais ici tu peux aussi apprendre tout ça avec des gens qui savent ce qu’ils font.

Je n’étais pas déçue, je trouvais triste qu’une personne se sente ainsi. Il serait inutile, je n’étais pas d’accord. Je ne pus m’empêcher de rire lorsqu’il indiqua que « mon oncle » n’aimerait sans doute pas être détrôné de son rôle de professeur. C’était drôle car les gens semblaient avoir peur de Raffael, pas moi. C’était un grand nounours pour moi, il était gentil comme tout et avait une patience d’ange avec moi. Raffael ne se montrait agressif que si l’on menaçait ceux qu’ils aimaient ou que la situation demandait un certain leadership. Et encore, j’avais remarqué qu’il laissait souvent la place de commandement à Kaleb. Ce dernier était plus doué pour la parole que Raffael. Mais c’était autre chose.

-J’ai encore de la difficulté avec ses termes. « Oncle », « mère », « père ». Ce sont des choses qui n’existaient pas dans mon vocabulaire avant d’arriver ici. Mais mon oncle partage déjà cette tâche avec plusieurs, comme Mackenzie, Amy, Hunter, Kaleb, Willow et j’en passe. Mais ils sont très occupés. J’ai l’impression de les déranger parfois même s’ils ne me le font jamais sentir, c’est moi qui ressens ça.

J’eus un sourire triste.

-J’ai toujours eu l’habitude d’être le « parasite » de tout le monde, donc d’être autre chose est difficile pour moi. C’est pour ça que je peux comprendre ce que tu ressens et pourquoi tu ne veux pas vivre parmi les gens d’ici. Tu crois être ce parasite. Tu ne l’es pas. Tu n’as simplement pas trouvé les gens qui te feront sentir important.

Lincoln accepta ensuite que je quitte pour aller chercher Kaleb, comme j’allais me lever pour le faire, L’homme me tendit une petite bouteille d’alcool, c’était un échantillon rien pour saouler un adulte et encore moins une adolescente qui avait déjà but de plus grande quantité. J’hésitai, la pris d’abord entre mes doigts avant de la lui rendre. Je le regardai et eut un petit sourire triste.

-Bois-là à ma santé. Je me suis vite aperçue dans la rue que c’était un remède facile pour oublier et que j’aimais beaucoup trop cette sensation. J’ai cessé d’en boire dès que j’ai compris ce qui m’attendait si je continuais. Mais merci beaucoup d’avoir pensé à me l’offrir, c’est très apprécié.

Je sortie de la pièce pour me rendre là où était Kaleb. Je savais qu’il n’était pas très loin dans le couloir. Je mis moins de cinq minutes à le trouver, l’aviser de la présence de Lincoln et de la situation de son doigt et de retourner vers le patient. De retour dans la salle, j’ouvris un sourire plus joyeux à l’homme.

-Kaleb sera là dans cinq minutes, il termine un examen pour une femme enceinte.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Jeu 20 Aoû - 0:51:58

Bien sûr, il avait fallu qu’en cherchant à remercier Ayana, je lui offre quelque chose qu’elle avait arrêté de consommer depuis belle lurette. J’aurais bien dû m’en douter, ce n’est pas comme si elle avait côtoyé des adeptes du guide alimentaire dans les ruelles. Elle a dû apprendre à boire du fort bien avant que je ne sache dévisser une capsule de bière. Cela montrait une fois de plus mon incapacité à réfléchir avant d’agir. Mon interlocutrice n’avait pas mal pris mon cadeau, heureusement, mais je me sentais tout de même coupable de lui avoir offert une boisson qui n’avait pas dû faciliter son séjour dans les rues. Tandis qu’Ayana était partie à la recherche de Kaleb, je me frappai la tête du plat de la main. Encore une fois, ce geste avait été inconsidéré et je me trouvais à avoir utilisé ma main droite, celle à l’index blessé. La douleur qui irradia du bout du doigt me fit me mordre la lèvre presque jusqu’au sang pour éviter de hurler et d’alerter inutilement toutes les personnes aux alentours. Bravo Lincoln!

Seul dans la pièce, j’essayais de démêler tous les sentiments contradictoires qui s’entrechoquaient en moi. Pendant quelques instants, j’avais été tenté d’écouter Ayana et de me laisser une chance d’évoluer dans cet endroit. Je pensais moi aussi qu’un ensemble de survivants ne pouvait que bénéficier des connaissances individuelles de ses membres. Pourquoi n’avais-je donc pas considéré l’idée d’apprendre la survie en compagnie des autres auparavant? Ces gens en savaient bien plus que moi sur les rudiments de l’exploration urbaine, du camouflage et du combat, eux qui n’avaient pas passé les premiers mois dans un abri cinq étoiles. Puis la raison me revint en mémoire, aussi sèchement qu’un coup de fouet. Tu es une vraie catastrophe ambulante. Bien qu’Amy, Mackenzie, Hunter ou Willow puisse m’apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur les armes et leur maniement, il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait faire en sorte que je puisse un jour poser les pieds quelque part sans déclencher toutes les mines et les pièges à proximité : moi-même. Sans la peur de la mort qui me taraudait à chaque instant, je n’apprendrais jamais à modérer ma tendance à me jeter au-devant du danger en espérant que quelque chose de bon en ressorte. Ma chance était sur le point d’être à sec et la situation en ville ne semblait pas être sur le point de s’améliorer…

Me considérai-je comme un parasite? En un sens, je n’avais jamais dépendu des autres pour me nourrir ou me loger. Bien sûr, avant que les lits de Houston ne deviennent tous accessibles en un claquement de doigts, mes parents avaient dû pendant plusieurs années m’envoyer de l’argent pour que je puisse conserver mon minable loft. Néanmoins, depuis l’arrivée des zombies, je pouvais me dire indépendant quant à cette strate de la pyramide de Maslow. Pour ce qui était du reste… Oui, j’avais longtemps compté sur Buster, Jane et Will pour ce qui était de me sortir du pétrin. Ce genre de parasitisme pouvait paraître bénin, mais je le considérais comme la pire des espèces. Elle forçait ceux qui m’entouraient à se jeter à pieds joints dans le tourbillon que j’avais causé pour m’éviter de m’y noyer. Plus jamais.

Ayana revint bien vite dans la pièce pour m’annoncer que Kaleb était pratiquement en chemin. Je lui offris un sourire et un hochement de tête, encore trop préoccupé par mes pensées. Je savais toutefois ma décision murement réfléchie et je comptais m’y tenir. Bien qu’elle puisse sembler motivée par l’orgueil aux yeux des autres, je croyais réellement qu’il ressortirait du bien de ces vadrouilles en solo. Croisons les doigts, je n’ai pas de seconde chance. J’émergeai finalement dans le monde extérieur et fronçai les sourcils quand les paroles d’Ayana me revinrent en mémoire. « Il y a une femme enceinte avec vous? Ça doit être terrible de devoir donner la vie à une époque aussi tourmentée. Une chance qu’elle se trouve ici, en sécurité et sous bonne surveillance médicale. » Je n’osais pas proférer de jugement sur les choix de la mère. Peut-être était-elle tombée enceinte quelques temps avant que l’épidémie ne frappe les États-Unis ou encore cet enfant était-il le résultat d’un viol. Pour une fois, j’avais réussi à réfléchir avant de parler, preuve que je n’étais pas le cas le plus désespéré de cette ville. Seulement le deuxième pire.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Ven 21 Aoû - 23:51:23

Ayana était venue le voir pendant un examen, chose qu’elle ne faisait jamais donc ce devait être important. En effet, elle lui indiqua que Lincoln était dans la salle d’examen avec un doigt à recoudre. Elle lui apprit qu’elle avait nettoyé et enveloppé la plaie le temps de son arrivée. Il avait dit à l’adolescente qu’il terminait ici et se rendait dans la pièce d’examen. Il en avait pour cinq minutes encore. La jeune femme sembla presque offusquée que ce soit aussi rapide. Mais sa grossesse se déroulait bien, il n’y avait rien de notable. C’était un examen de routine quoi. Mais la jeune femme détestait Ayana depuis que son mari avait été jeté à la rue après s’en être pris à l’adolescente. Il lui avait cassé le nez bon sens, ils n’allaient certainement pas lui faire de cadeau. Tout ça parce qu’elle avait refusé de coucher avec lui. La femme n’avait pas à tenir rancœur à sa fille, c’était la faute de son stupide mari s’ils l’avaient jeté dehors, pas celle de l’adolescente. Il termina en donnant quelques recommandations d’usages, se lava les mains et sortit de la pièce. Il entra comme Lincoln exposait son étonnement à avoir une femme enceinte dans ces lieux.

-Bonne surveillance médicale, je fais ce que je peux, mais je ne suis pas obstétricien. Je dois me servir du peu d’acquis que l’on m’a donné dans cette matière dans l’Armée. Ce n’est pas évident.

Il sourit à l’homme.

-Bonjour Lincoln. Heureux de vous revoir, j’aurais cependant préféré que ce soit dans d’autre circonstance.

Il aurait préféré que l’homme ne soit pas blessé et vienne seulement pour une visite de courtoisie. Les blessures s’accumulaient ces derniers temps. Il s’installa sur le tabouret face à l’homme, Ayana lui cédant sa place. Elle avait fait une « catin » à l’homme. Si pour certains c’était un terme péjoratif, pour lui il s’agissait d’un drôle de pseudonyme pour indiquer le type de bandage. Il défit le beau travail de la fillette et regarda le doigt de Linc. Il s’était bien amoché, mais la plaie étant net, il n’y avait qu’à recoudre. Habituellement, Raffael s’occupait de ternir les patients pour lui, mais Raff était occupé en ce moment. Alors il ferait sans.

-Ayana, ma puce, tu veux bien tenir le bras de Lincoln pour l’empêcher de bouger?

Il regarda l’homme, fit glisser la petite table sur roulette et installa le bras de l’homme dessus. Ayana n’aurait qu’à le maintenir sur la table. Il enfila des gants, prépara l’aiguille et le fil avant de mentionner ce qu’il disait à tous ses autres patients avec ce genre de blessure.

-Je suis désolé, c’est simplement pour m’assurer que vous ne retirerez pas votre main. Je ne peux pas anesthésié, je ne peux même pas vous donner de calmant. Navré.

Il ne laissa pas le temps à l’homme d’analyser la situation, dès qu’Ayana fût en place, il commença la suture. Il sentait la main de Lincoln trembler sous ses doigts. Ce dernier semblait ne pas apprécier l’opération, mais ce n’était pas agréable non plus. Heureusement, il n’y avait que deux points à faire. C’était rapide. En moins de cinq minutes il eut terminé. Il mit un pansement hydrofuge par-dessus.

-J’espère que ça n’a pas été trop pénible.

Il sourit à l’homme et ébouriffa les cheveux de la jeune fille.

-Bon travail Nana.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Jeu 3 Sep - 19:35:22

Lincoln semblait mal à l’aise depuis qu’il m’avait proposé de l’alcool. Je savais bien qu’il ne l’avait pas fait dans le but de me tenter dans mes anciens vices. Les adultes n’avaient pas pour habitude de voir une enfant de mon âge ayant rencontré ce genre de problème, ce n’était pas sa faute. C’était moi qui avais grandi trop vite, moi qui avais vécu une vie d’adulte bien avant mon temps. Je ne lui reprochais rien, bien au contraire, il était gentil et avait cru m’ouvrir quelque chose de nouveau. C’était drôle quand même. Kaleb entra au moment où j’allais lui répondre au sujet de la femme enceinte. Je le vis et laissai répondre à Lincoln. Si Kal était détendu et plein d’assurance, Lincoln lui semblait nerveux et peut sur dans la situation. Je cédai ma place au docteur et le laissai faire son travail. Il me demanda cependant de l’aide pour maintenir Linc. Il demandait généralement ce genre de chose à Raffael qui était beaucoup plus costaud que moi. J’offris mon meilleur sourire à Lincoln.

-Ça va aller. Je n’ai pas les muscles de Raffael, mais je peux faire ça. En plus ce sera facile, moins tu bouges, moins tu auras mal. Facile à retenir pas vrai!

Kaleb entama son travail pendant que je retenais le bras de l’homme. Ça allait, probablement qu’il avait compris ce que je lui avais expliqué et ne voulant pas avoir plus mal que ce qu’il avait déjà, il demeura un patient relativement calme. Je dû appuyé un peu plus fort une fois ou deux, probablement quand Kal touchait un endroit plus difficile. Mon père d’adoption termina rapidement le rafistolage du doigt. Il s’adressa d’abord à Lincoln avant de me passer la main dans les cheveux et me gratifiant d’un commentaire agréable. Je ne pus m’empêcher d’avoir un sourire béat. Cet homme me faisait sentir comme un être capable de tout. J’étais passé, aux yeux de tellement de gens, comme une nullité d’une rare espèce, mais Kal, Mac et les autres de leur famille me faisait sentir comme si j’étais un être précieux qui méritait d’être l’enfant que j’aurais dû être. Ce sentiment, me faisait toujours drôle. Ça me faisait chaud en dedans et ça n’avait rien à voir avec une quelconque allusion sexuelle. Non, c’était un sentiment de fierté qui m’envahissait et me remplissait de bien-être.

-Merci.

Un petit mot dit sur un ton presque timide. Je regardai l’homme, devant lever les yeux pour pouvoir le regarder en face. Il était tellement plus grand, Raffael encore pire d’ailleurs. Je concentrai ensuite mon attention sur Lincoln, je devais avoir les joues rouges de plaisir. Un simple commentaire me faisait sentir comme une gamine, c’était étrange non? Je pris l’équipement dont Kaleb c’était servit et l’apporta à l’endroit que l’on se servait pour stériliser. Je mis les effets en sécurité dans une petite armoire sous clé, ils seraient stérilisés un peu plus tard. Pour le moment, Lincoln était là et il avait besoin qu’on lui change les idées.

-Je peux te faire visiter l’endroit si tu veux, tu n’es pas obligé de repartir tout de suite.

Il avait décliné mon offre de rester avec nous, mais il pouvait bien prendre le temps de visiter un peu, faire le tour et peut-être même qu’il accepterait de rester une nuit pour pouvoir dormir sans avoir la peur au ventre. Je connaissais ce genre de peur, ce n’était rien de drôle. Je l’avais vécu avant que Kal et Mac ne me sauvent, mais avant les zombies aussi, car certains humains étaient bien pire que les monstres auxquels nous avions affaire en ce moment.


HJ: encore désolée du délai, je suis plus rapide que ça habituellement!


Dernière édition par Ayana Masson le Dim 20 Sep - 16:25:11, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Ven 4 Sep - 13:09:20

Ça y est, le moment fatidique est arrivé, pensai-je lorsque Kaleb entra dans la pièce. Je saluai le médecin en retour. « Croyez-moi, je ressens la même chose. Merci de bien vouloir m’aider. Cette blessure semble mineure, mais elle fait ressortir mes tendances hypocondriaques. » Je voulais éviter d’agir comme une mauviette devant ces gens que je connaissais encore si peu, mais ma frayeur devait se lire dans mes yeux. Ayana me retint le bras durant le traitement, voulant éviter que je soustraie ma main à la vue de l’objet pointu. J’entendais ses paroles, mais complètement absorbé par la vision de l’aiguille, je n’avais aucunement la force de répliquer. Je respirai de grands coups et détournai le regard. Je ne voulais pas voir l’homme enfoncer son instrument dans ma chair, mais le fait de fermer les yeux me ferait encore plus appréhender l’inévitable. La première frappe me fit grincer des dents et serrer les doigts de mon autre main. Je retins un gémissement et entrepris de rester aussi stoïque que possible. L’aiguille poursuivit son chemin et sorti au grand air pour mieux replonger une seconde fois. Une fois le traitement terminé, je pus enfin me détendre. L’horloge de la pièce m’indiqua que le traitement avait duré environ cinq petites minutes, mais ce calvaire m’avait paru au moins trois fois plus long. Une bonne raison de ne plus jamais me blesser.

Je repris mon souffle, épuisé par ces quelques minutes de stress. « Merci sincèrement, je tâcherai de faire attention à ce nouveau doigt histoire que notre prochaine rencontre ne se déroule pas dans cette pièce », dis-je à Kaleb en souriant. L’index m’élançait toujours, mais je sentais qu’avec ces points je n’étais plus en danger d’infection plus grave.  Je sortis ensuite mes bouteilles d’alcool de mon sac et les déposai une à une sur le comptoir tandis qu’Ayana nettoyait la salle. « Un remerciement pour ce que vous avez fait pour moi à l’armurerie et pour aujourd’hui. Gardez-les. Je ne sais pas si vous pourrez vraiment vous en servir comme antiseptique, mais dans tous les cas il sera mieux utilisé entre vos mains qu’entre les miennes. » Il s’agissait d’une de mes lacunes au niveau médical et je commençais à penser à quel point mon cadeau était d’un ridicule. J’espérais vraiment ne pas me tromper et leur offrir quelque chose d’utile. Je n’aurais pas profité de cet alcool comme il se doit de toute façon. J’avais abondamment bu lors des premiers mois de cette épidémie, alors que j’étais protégé par une haute grille. Je ne pouvais plus me permettre le même luxe aujourd’hui, bien que je me sois laissé tenter plus souvent que la prudence ne le recommandait…

Lorsqu’Ayana me demanda si je voulais visiter l’hôpital, je crus distinguer une autre façon de m’inciter à me joindre à eux. Peut-être espérait-elle que de voir de mes yeux ce qu’elle m’avait décrit me ferait changer d’avis. Néanmoins, cette invitation me paraissait une bonne façon de repayer ma dette. Si jamais l’alcool se révélait d’une inutilité totale pour eux, que ce soit comme anesthésiant ou désinfectant, il me restait toujours la possibilité de leur venir en aide en réalisant les tâches que nous trouverions sur notre chemin. « J’accepte la visite. Tu sais quoi, je propose même d’aider la reine du tout-ce-qui pour le reste de la journée. Je dois ménager mon doigt bien sûr, mais je crois tout de même être en mesure de vous remercier plus efficacement qu’avec de la vodka et du whisky. » Je saluai une dernière fois Kaleb avant de quitter la pièce, satisfait d’avoir trouvé un moyen de faire taire ma culpabilité. « Alors, par où débute la visite guidée? » À vrai dire, j’étais particulièrement intrigué par toutes les modifications apportées à cet endroit. Je me demandais où pouvais bien être gardées les animaux dont Ayana m’avait parlé et je voulais voir l’évolution du jardin sur les toits. S’agissait-il d’un petit terreau ou bien la toiture en entier avait-elle été transformée en culture? Peu m’importait la destination au final, je savais que j’aurais l’occasion de mettre la main à la pâte.

HS : Ne t’inquiète pas pour le délai, de toute façon je vais devoir ralentir la cadence bientôt moi. :)
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Ven 4 Sep - 22:12:58

Linc avait des tendances hypocondriaques, c’était bon à savoir. Je ne le ferais pas visiter les malades. J’avais eu l’intention de l’emmener voir Sammy mon ami, mais maintenant que je savais ce détail, je passerais plutôt aux installations. De toute façon, Samuel avait besoin de repos alors c’était mieux ainsi. Le patient offrit un cadeau en échange des soins au docteur. J’eus un sourire en voyant les bouteilles d’alcool. Ce genre de désinfectant valait mieux que rien du tout et le haut pourcentage de l’alcool leur permettait de tuer plusieurs bactéries. Je savais que Kal serait content de ceci, je savais aussi qu’il allait cacher les bouteilles car je n’étais pas la seule à avoir un problème avec l’alcool et plusieurs avaient dû se sevrer. Nous avions même perdu un patient qui était tellement en manque que son cœur avait tout simplement lâché. Je n’en parlerais pas avec mon nouvel ami, non, ce serait lui enlever ses illusions de bonheur et assombrir son cadeau. Après avoir discuté un peu avec Kal, il accepta ma proposition de visite. Je lui souris, il offrait de donner de son temps pour les tâches en accompagnant la « reine du tout-ce-qui ». Mon royaume avait besoin d’aide bien entendu, mais il avait déjà payé pour ses soins et son doigt serait plus qu’handicapant selon moi. Mais encore là, je me tue. Il allait comprendre par lui-même qu’il aurait besoin de ses deux mains pour la plupart des tâches et que, malgré son offre généreuse, ce n’était pas réaliste. Il avait demandé à apprendre par lui-même, je respectais son souhait. Il allait apprendre à la dure, comme moi.

-Commençons par notre mini-ferme. Il n’y a pas encore beaucoup d’animaux, mais les autres prévoient une sortie bientôt pour aller en chercher. Et mon ami, Sammy, nous a apporté des lapins. Ils peuplent beaucoup, c’est une source constante de nourriture. Il faut juste veiller à ce qu’ils ne soient pas malades.

Je pris sa main valide et lui montrait ce que nous rencontrions sur notre route, la salle de « conférence », celle où toutes les décisions importantes étaient prises, la cafétéria qui nous servait aussi un peu de salle de jeux, nous avions une petite « pouponnière » pour les enfants en bas âge, car oui, même ici les parents avaient quelques fois besoin d’un instant sans enfant. Des adultes, ou même moi quelque fois, s’occupaient de les surveiller pendant que les parents vaquaient à d’autres tâches. Bon, pour certains ce n’étaient que pour aller prendre du bon temps, mais tant pis. On ne demandait pas de compte rendu de ce qu’ils avaient fait pendant leur temps libre. Je le tirais presque derrière moi, je ferais sans aucun doute la même chose avec Samuel quand il serait en état, ou peut-être pas. Je sentais comme une urgence de tout lui montrer, comme s’il allait disparaître au prochain virage. C’était étrange quand même comme sentiment. Peut-être n’étais-je que contente d’avoir quelqu’un qui s’intéressait à ce que j’avais à lui montrer et qui ne faisait pas partit de mon quotidien comme Mac, Kal, Raffael et les autres. Je ne sais pas. Peut-être que le fait d’avoir une nouvelle personne dans cet endroit me faisait du bien, un visage connu qui venait de l’extérieur. Que je connaissais. C’était étrange comme expression à utilisé avec Lincoln, car dans les faits, je ne le connaissais pas du tout. Nous avions combattu à ses côtés lors de cette attaque, mais c’était tout. Il pouvait bien être un tueur en série que je n’en saurais rien. Mais bon, moi j’étais une enfant de la rue, une orpheline, une putain… tellement d’étiquette m’allait que l’on ne savait plus comment m’injurier. Alors tant pis s’il était un dangereux tueur, je n’en avais cure. De toute façon, s’il me tuait ici et maintenant, je mourrais heureuse. J’eus un sourire à cette pensée. Je le regardai à la dérober avant d’exposer mon idée farfelue.

-Je me disais que si tu étais un tueur en série et mettait fin à ma vie maintenant, je mourrais heureuse. C’est étrange quand même le genre de chose qui peut nous passer par la tête. Je disais quelques instants avant que tu étais un visage connu et au final, je ne te connais pas. Je ne t’ai vu qu’une seule fois et je suis là à te traîner par la main comme si nous étions amis depuis des années.

Je lui souris en haussant les épaules. J’étais probablement naïve, ou alors je me sentais trop en sécurité ici. Tant pis. Je resserrai sa main dans la mienne et lui fit franchir les portes menant à la cours arrière. Là se trouvait les petits et gros animaux dont Christopher avait la charge. Je l’aidais souvent dans les soins qu’il prodiguait et au ramassage des œufs, du lait et aussi de leurs rejets nauséabonds.  C’était la partie la moins drôle, mais il fallait le faire. Et le fumier servait à engraisser les plantes de Willow sur le toit. Je montrai à Lincoln tous nos amis.

-Et voilà la version mini de la ferme de l’hôpital.

Il y avait des enclos pour séparer les différents animaux. On voyait aussi le petit coin table à pique-nique/feu de camp que nous utilisions pour se détendre un peu plus loin. Le tout était entouré d’une clôture si haute que je me demandais souvent comment ils avaient fait pour la monter ainsi. Aucun humain ne pouvait la franchir sans avoir de grande habilité d’escaladeur. Les zombies étaient tenus à distance, mais on pouvait les voir aussi bien que les entendre de l’autre côté. La clôture n’étant pas opaque.


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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Sam 5 Sep - 15:03:02

Ayana semblait avoir lu dans mes pensées, puisqu’elle déclara que la visite commencerait par la mini-ferme. M’empoignant par la main, elle me guida au travers des dédales de cet hôpital tout en me décrivant chaque emplacement que nous croisions. À la vitesse auxquelles les informations défilaient dans mon cerveau, je n’aurais su dire si j’aurais pu retrouver mon chemin en cas de besoin. Cela ne faisait aucune importance. Les murs de cet hôpital me laissaient croire que je me trouvais dans un cocon protecteur, à l’abri de pratiquement tous les dangers. Le fait de déambuler dans les couloirs d’un édifice en état et peuplé par des êtres humains non infectés semblait avoir la capacité d’endormir mes sens, désormais sollicités chaque jour par la survie. Un retour dans le passé sans machine. Je profitais de chaque seconde de cette liberté, sachant très bien qu’elle me serait enlevée une fois au dehors des frontières de ces lieux.

Les propos d’Ayana quant à ma possible identité secrète de tueur en série me laissèrent muet comme une carpe sur le coup. Ai-je l’air tant menaçant? Tout de même, je comprenais ce que l’adolescente avait voulu dire par ces paroles. J’avais la même tendance à considérer tous les survivants avec qui j’avais bravé la mort comme des compagnons, voire parfois des amis, bien que je ne sache d’eux rien de plus que leurs noms. Bien sûr, ce penchant avait également son contraire, comme cette altercation à l’hôtel qui avait fait en sorte de rayer chacun des membres de ce groupe de ma liste d’alliés potentiels. Quant à Ayana et ses semblables de l’hôpital, il était bien vrai que j’en savais peu sur eux, mais parfois les gestes parlaient plus fort que les mots. J’avais vu ces types se décarcasser pour sauver deux survivants complètement inconnus et leur chien mal élevé. Ayana s’était même porté volontaire pour réaliser mon plan afin de tous nous échapper de ce toit. Voilà pourquoi je n’avais connu aucun moment d’hésitation lorsque vint le temps de faire soigner ma blessure. Tout ce que nous avions été avant cette épidémie ne représentait plus rien, tout ce qui comptait était ce que nous choisissions de faire maintenant. Plusieurs se regroupaient pour piller, violer et tuer sans impunité. D’autres, comme Ayana ou Kaleb, avaient choisi d’aider leur prochain au mieux de leurs capacités. Bien que je ne fasse pas preuve d’autant d’altruisme qu’eux, j’aimais penser que je n’étais pas une mauvaise personne. « Ne sommes-nous pas tous devenus des tueurs en série à cause des rôdeurs? Personnellement, je préfère me dire que si voler un voleur ne compte pas, tuer un mort non plus. » Je ris de cette comparaison stupide. Tout comme Ayana, je me sentais heureux aujourd’hui malgré le début de la journée qui avait démarré du mauvais pied.

Une fois à l’intérieur de la mini-ferme, je me dirigeai instinctivement vers les enclos, fasciné de voir quelques animaux dans cet environnement de béton. Pour eux, cet endroit devait également leur sembler un paradis malgré la relative petitesse de l’endroit, puisqu’ils étaient à l’abri des attaques des zombies. Ces monstres s’en prenaient à tout être vivant, humain comme animal. Même Buster les considérait comme une source de danger. Tandis que je tentais d’attirer une vache à moi pour lui caresser la tête, je repensais à ce qu’Ayana m’avait dit. Il était vrai que je ne lui avais encore rien raconté de ma vie, tandis qu’elle m’avait dévoilé un large pan de son passé. « Tu sais Ayana, il n’y a pas grand-chose à connaître de moi. J’étais photographe avant toute cette histoire de zombies, j’ai trouvé refuge dans un grand manoir que je connaissais et je n’en suis sorti que récemment. Depuis, je me promène à gauche et à droite et j’essaie de ne pas me faire trop d’ennemis à Houston… Et malgré le nombre de rôdeurs que j’ai zigouillé, je ne m’en suis jamais pris à un être humain, que ce soit par choix ou par nécessité. » Avec ces quelques phrases, Ayana en savait suffisamment sur moi. De toute façon, je n’avais plus d’autres histoires en réserve. J’avais eu la chance de connaître une vie barbante et conventionnelle comparativement à d’autres. Tandis que je détournais mon regard vers Ayana, mon œil fut attiré par la haute clôture derrière elle. De l’autre côté, les rôdeurs se pressaient et tentaient d’atteindre cet espace idyllique. Ce rassemblement de carnassier réussi à assombrir quelque peu les instants d’insouciance que je vivais. Où que nous allions, rien ne les empêchaient de nous rappeler que notre sentiment de sécurité n’était qu’illusoire. « Ceux-là ne veulent jamais nous ficher la paix, à croire qu’ils n’ont rien de mieux à faire, du genre se jeter en bas d’un pont. » Je soupirai à cette remarque et tentai de chasser la noirceur qui avait fait son apparition. J’aurai bien le temps de la côtoyer une fois au-dehors. « Au moins les animaux ont l’air de savoir qu’ils sont en sécurité derrière cette grille. »

HS : J’espère qu’il y a des vaches haha, mais comme Christopher était fermier j’ai pris pour acquis qu’il en aurait apportées. Sinon je changerai pour un autre animal.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Dim 6 Sep - 20:28:02

J’eus un petit sourire en l’entendant dit qu’ils étaient tous devenus des tueurs en série à cause des rôdeurs. J’haussai les épaules, je n’étais pas d’accord sur ce point. Je le fût un peu plus lorsqu’il  m’indiqua que tuer un mort-vivant ne comptait pas vraiment. Mais je me devais d’avouer que l’expression « voler, un voleur » ne comptait pas me faisait un peu tiquer. Peut-être parce que moi-même j’avais été voleuse dans sa vie. Je ne l’avais pas fait par plaisir, je l’avais fait pour survivre tout simplement. Je ne fis pas part de mon sentiment à Lincoln, c’était mes démons pas les siens et il n’avait pas à se sentir mal car j’avais des remords d’avoir eu à voler. Ce n’était qu’une expression, il ne l’avait pas utilisé contre moi, n’avait pas voulu me blesser non plus. Je ris donc avec lui à ce commentaire qu’il voulait inoffensif. Une fois avec les animaux, Lincoln eut le regard d’un enfant le jour de noël. Je trouvais ça drôle. Je le regardai caresser la tête d’une vache qui venait vers lui quémander un peu de nourriture. Je pris quelques grain de maïs sèche que Christopher prenait pour les nourrir et les déposai dans la main de l’homme. C’est ce moment que Lincoln choisit pour me raconter son histoire. Je l’écoutai avec attention, mais surtout avec une certaine tristesse. Une chose qu’il avait dite m’avait marqué, Lincoln ne semblait pas avoir beaucoup d’amis dans la vie et depuis sa sortie, les choses ne semblaient pas s’être améliorées.   Il exposa qu’il ne s’en était jamais pris à un humain, que ce soit par choix ou par nécessité. J’haussai les épaules.

-Par nécessité, ça viendra. Tu n’auras pas le choix, car un jour, ce sera toi où lui.

Je savais de quoi je parlais, un humain m’avait attaqué et c’était ainsi que j’avais atterrit ici. Les gens perdaient la tête pour un bout de pain. Il n’aurait pas le choix, il ne pouvait pas rester tout gentil, il ne pouvait pas. Je le regardai.

-Essayer de ne pas trop te faire d’ennemis. Tu parles comme si tu t’en étais déjà fait quelques uns, je me trompe?

Lincoln parla du sentiment de sécurité que les animaux semblaient ressentir, même s’ils étaient observés par toutes ses bêtes qui ne leur fichait jamais la paix. J’eus un sourire en l’entendant dire que les zombies n’avaient rien de mieux à faire, comme aller se jeter en bas d’un pont. J’imaginais très bien la scène, les zombies s’alignant tous sur le pont, enjambant de leur démarche saccadé la rambarde du pont et sauter en bas. Ensuite quoi? Ils ne perdraient pas la vie dans la chute, des membres peut-être, mais tant que leurs cerveaux ne seraient pas détruit, ils resteraient en vie.

-Notre chèvre était un peu plus stressé à son arrivé, mais elle m’aime bien et j’ai réussi à la calmer je crois. Elle a même recommencé à donner du lait. Enfin, c’est Christopher qui dit que c’est moi qui ait réussi à la calmer.

Je soupçonnais surtout qu’il veuille que je me sente utile. Il avait peut-être raison, mais je ne savais pas trop. Lincoln semblait émerveiller des animaux, lasser des zombies et triste d’être seul. Je me sentais triste pour lui. Je me retournai et appuyai mon dos à la grille. Les idées se bousculaient dans ma tête, Lincoln me forçait à réfléchir. C’était une bonne et une mauvaise chose tout à la fois. Des choses tristes et d’autres plus joyeuses se mélangeaient dans ma tête.

-Tu crois que tu as besoin d’avoir eu une vie comme la mienne pour être intéressant Lincoln?

Il était photographe avant, c’était intéressant de pouvoir capter sur le vif des événements que souvent les gens ne voyaient pas de leurs yeux. Ou immortalisé des moments magiques pour d’autres.

-J’aurais aimé avoir une photo de ma mère. Je ne me souviens même pas d’elle. On m’a dit qu’elle était morte quand j’avais trois ans, mais je n’en sais rien. Je ne sais rien de mon père non plus. Je n’ai que mon nom. Ayana Masson. C’est tout ce que j’ai toujours eu. Alors ne dit pas que tu étais simplement Photographe, tu étais Lincoln, l’enfant de quelqu’un, l’employé d’un autre, l’ami sans aucun doute de quelqu’un quelque part. Moi, à part Sammy et Ricky, je n’avais personne, je n’étais rien pour personne.

Je me retiens de dire que j’étais un parasite pour la plupart.  L’état se fichait que j’avais fugué, vous croyez qu’ils en avaient quelque chose à faire? Bien sûr que non.  Les policiers m’embêtaient que lorsqu’ils me choppaient à voler. Sinon, ils me fichaient la paix alors qu’ils avaient ma photo comme fugueuse dans leurs fichiers. Ils n’en avaient rien à faire de me trouver et me ramener dans ma famille d’accueil.


Dernière édition par Ayana Masson le Dim 20 Sep - 16:23:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Lun 7 Sep - 17:15:02

Juste avant que je ne me tourne vers elle, Ayana m’avait annoncé que le jour viendrait où j’aurais à disputer ma vie contre celle d’un de mes semblables. Cette idée m’avait fait frissonner. Même si je tentais de changer mes habitudes dangereuses, je ne voulais pas entièrement perdre la confiance que j’avais envers la race humaine. Si j’avais décidé de me battre contre Will dans ce vieux restaurant italien? Si j’avais préféré tirer sur Jane au lieu de me désarmer? Dans ces cas de figure, l’un d’entre nous serait décédé à coup sûr et je n’aurais pas pu profiter de ces instants avec eux. J’avais beau avoir créé un froid entre nous trois, il en restait qu’il s’agissait de personnes que j’estimais malgré nos différends. Je préférais éviter les regrets désormais, sachant qu’ils étaient un handicap plutôt qu’une motivation à changer, mais je ne pouvais empêcher une bouffée de nostalgie de m’envahir à la pensée de ces deux-là. Ayana poursuivit sur le fil de mes pensées, questionnant le nombre d’ennemis que j’avais véritablement. « Disons que depuis ce jour à l’armurerie, j’ai réussi à me mettre Will et Jane à dos. Si je me promène seul aujourd’hui, c’est parce que je suis… j’étais une vraie catastrophe ambulante. » Je ne désirais pas aller plus loin sur le sujet. Jane était sa tante après tout, elle aurait toutes les occasions d’entendre les détails de cette misérable rencontre au cimetière. Je réalisai soudain que l’adolescente avait également une autre tante qui n’avait pas que du bien à dire de moi. « Sinon je ne sais pas si tu as entendu parler par Alicia de notre rencontre à l’hôtel. Disons que ce groupe ne m’apprécie pas du tout, mais alors là… » Je préférai en rester là sur ce point également. Autant ne pas me décrire comme un paria. Je lui souris pour montrer que ces événements étaient derrière moi, du moins en partie.

Ayana me raconta ensuite ses succès pour calmer la chèvre. En entendant ces phrases, je me dirigeai auprès de cet animal pour lui offrir les derniers grains de maïs qu’il me restait en main. J’étais fasciné par les pupilles rectangulaires de ces bêtes et j’avais autrefois couvé le rêve de les photographier, bien que l’occasion de visiter une ferme ne se soit jamais pointée le nez auparavant. C’est alors que l’adolescente me demanda si je me croyais peu digne d’attention parce que, contrairement à elle, j’avais eu une vie qu’on pouvait qualifier de banale. Encore une fois, les mots me manquèrent tellement j’eu l’impression d’avoir commis une bourde énorme. Ce n’était pas ce que j’avais voulu lui signifier, loin de là. Il n’y avait aucune envie de drame en moi, bien au contraire. J’aurais aimé pouvoir lui parler avec fierté de mon ancien travail, nommer une liste infinie de mannequins que j’aurais photographiés, de compagnies pour lesquelles j’aurais travaillé, de pays que j’aurais visités lentille en main… Néanmoins, les dix dernières années étaient d’un répétitif moins glamour. Je photographiais pour un journal la semaine et lors de mes jours de congés, je capturais des sourires qui n’étaient pas pour moi. Il y en avait donc peu à raconter sur ma personne d’alors, tout simplement. Avant que je ne puisse tenter de me reprendre, Ayana continua en me parlant de sa mère qu’elle n’avait jamais véritablement connue, de son père invisible et des deux personnes pour qui elle avait compté dans les rues. Encore une fois, j’étais désolé que cette jeune fille n’ait rien eu pour elle. Selon ses dires, le fait d’avoir fait partie de la vie d’autrui pouvait faire de moi quelqu’un, peu importe la morosité de mon quotidien. Cette idée était intéressante, ainsi la notai-je quelque part dans mon esprit, espérant y revenir en cas de besoin. Cette fille est bien plus sage que moi.

J’avais effectivement eu des parents et mes pensées dérivèrent vers eux. Longtemps, j’avais ressenti une culpabilité de ne pas avoir tenté de les sauver lorsque tout avait commencé. Même le fait de me dire que je n’étais pas dans le meilleur état d’esprit lors de l’éclosion de l’épidémie n’y avait rien changé. Avec du recul, j’avais accepté que mes proches étaient déjà mort. J’avais passé toute la journée à regarder les infos, mon téléphone portable à mes côtés. Si mes géniteurs n’avaient pas déjà été mordus, il était plus que certain qu’ils m’auraient rejoint. Alors qu’auparavant je chassais tout souvenir de mes parents pour éviter de culpabiliser, je pouvais depuis tenter de faire mon deuil. Néanmoins, aujourd’hui n’était pas le moment pour cela. Je bondis sur une occasion de changer la tournure attristante de la discussion. « Mais tu comptes pour plusieurs aujourd’hui. Crois-moi, j’en ai vu beaucoup se faire du souci pour toi lorsque tu étais sous cette trappe. Même Will et moi, qui ne te connaissions alors pas du tout. » Je préférais continuer sur un autre sujet plutôt que de parler de ses anciennes connaissances. Après tout, n’avait-elle pas vu l’une d’entre elle sous forme de rôdeur à l’armurerie? Rien de bien réjouissant. « Si tu veux, tu peux avoir une photo de toi comme souvenir. Ce n’est pas grand-chose, mais peu de gens ont la capacité d’immortaliser des moments de nos jours. » Je fouillai dans mon sac et en sorti le petit appareil polaroïd qui s’y trouvait. Habituellement, je le conservais bien à l’abri de ma Jeep, craignant de l’abimer dans le feu de l’action. Par contre, sachant que l’hôpital était un lieu sûr, j’avais vidé mon véhicule de toutes mes possessions. Je préférais ne rien laisser aux pilleurs. « En échange, tu me prendras en photo avec cette magnifique chèvre. Et il ne faudra pas oublier de perpétuer la tradition des selfies. » Il me restait bien assez de pellicule pour prendre tous les clichés que je voulais aujourd’hui.
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Sam 12 Sep - 15:42:51

Alors j’avais eu raison, sa façon de le dire indiquait qu’il s’était fait des ennemis et il semblait que même sa « tante » Jane lui avait tourné le dos. Will était l’autre homme qui était avec eux dans l’armurerie. Je me souvenais de lui aussi. Il semblait calme et posé, sans doute que Lincoln avait fait quelque chose qui l’avait vraiment énervé, pour ce qui était de Jane, il avait dû parler de sa famille. Ce n’était pas très difficile à comprendre, c’était le seule sujet qui faisait vraiment réagir la jeune femme. Je ne demandai pas de précisions cependant,  c’était inutile et ça n’aurait fait que tourner le fer dans la plaie. Non, il valait mieux le laisser changer de sujet et dire à quel point je semblais être aimé. Que les gens s’étaient inquiétés réellement pour moi, même Will et lui. Je ris, je ne pouvais pas m’en empêcher.

-Lincoln, n’importe qui aurait de la sympathie pour un enfant de mon âge. Aux yeux de tous, je suis une petite chose fragile.

Je retrouvais mon sérieux cependant, car je savais bien que ma famille m’aimait profondément, même si je trouvais le concept difficile, même si j’avais de la difficulté à comprendre tout cet amour qu’ils m’offraient chacun à leur façon. Pour une enfant qui n’avait jamais été aimé, c’était difficile de se laisser aimer. J’apprenais à le faire, tranquillement. Ils ne me brusquaient pas, je les en appréciaient que d’avantage.

-Mais vois-tu, c’est en perdant cet ami, Ricky, que j’ai réalisé pleinement ce qu’ils étaient pour moi. Ça été difficile de le voir dans cet état. Quand j’ai vu Kaleb s’approcher de moi, me serrer contre lui pour être sur que je ne regarde pas et entendre cette détonation.

Je me souvenais encore de ce son, me souvenais avoir eu envie de frapper Kaleb pour qu’il me laisse voir, mais au final, il m’avait dit que je pouvais lui en vouloir et je n’avais plus eu du tout envie de lui en vouloir, comme je n’avais plus eu envie de regarder en bas pour voir mon ami être délivré de cet état. J’eus un léger soupire en repensant à tout ça. L’image de Ricky me hantait encore souvent dans mes nuits. Moins depuis que j’avais retrouvé Sammy dans la salle d’examen. Je continuais en regardant Lincoln, exposant ce que j’avais ressentit ce jour-là, ce que j’avais réalisé.

-J’ai compris qu’il agit comme un père envers son enfant. Je ne voulais pas être en reste et vous laisser là sans rien faire, mais j’ai accepté la punition imposé par ma mère sans rechigner car je lui ai donné le droit d’être ma mère à partir de ce jour-là.

Je le sentais avant cette excursion, j’avais même commencé à dire maman sans le vouloir, mais ce jour-là, Kaleb et Mackenzie sont vraiment devenue mes parents. Ils ont fait exactement ce qu’un parent aimant fait pour sa fille. Je n’y connaissais pas grand-chose en famille dans la vie, mais instinctivement je savais qu’ils avaient agit comme tel, ou comme moi j’aurais aimé que mes parents agissent en pareille circonstance.  Lincoln m’offrit de prendre une photo de moi, après avoir sortit un appareil photo de son sac, il indiqua que je devais en prendre une de lui avec la chèvre. Je ne pouvais pas m’empêcher de rire. Il avait beau avoir des défauts, moi je le trouvais sympathique.

-Un selfie avec une chèvre hein? T’es vraiment bizarre toi tu sais?

Je ne le disais pas comme une attaqua, mais bien pour me moquer amicalement de lui. Quoi, après tout, il fallait bien le faire rire un peu. Il avait beau se cacher derrière son masque de cabriole, il n’était pas que le clown de service et il se sentait mal. Il devait souffrir d’avoir perdu Will et Jane. Je ne pouvais pas me mêler de cette histoire, mais je pouvais essayer de comprendre et lui offrir mon soutient pendant qu’il était là. Je voulu lui donner un peu de positif.

-Question de ne pas être que dans les notes tristes, Hunter et Willow on trouvés mon ami, Samuel. Ricky et lui était les deux seuls personnes au monde à qui se faisaient confiance les yeux fermés. Ce sont eux qui mon apprit à faire du « parcours ». C’est grâce à eux que j’ai pu rejoindre aussi rapidement cette fenêtre et ouvrir cette trappe.

J’eus un petit sourire en repensant à Sammy la première fois que je l’avais vu coucher sur cette civière.

-Sammy a cru qu’il délirait à cause de la fièvre, croyant voir mon fantôme. Il a mit vraiment plusieurs minutes à réaliser que c’était bien moi.

Je n’étais pas sur de comprendre pourquoi j’avais ajouté ce bout là. Samuel était fiévreux et si perdu ce jour-là. C’était tellement bon de le revoir, de l’avoir à nouveau à mes côtés. J’offris un sourire à l’homme avant de prendre son appareil et de faire cette fameuse photo de lui avec la chèvre.


Dernière édition par Ayana Masson le Dim 20 Sep - 16:22:45, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana Dim 13 Sep - 20:05:11

Ayana semblait trouver risible mon argumentaire, mais je sentais qu’il contenait une part de vérité. Bien sûr que Will et moi avions surtout été apeurés de voir l’une des rares adolescentes à avoir survécu au carnage périr sous nos yeux pour une bête histoire de trappe barricadée. Après tout, je ne savais alors rien d’Ayana outre le fait qu’elle paraissait sans défense face à tous ces rôdeurs potentiels à l’étage du dessous (ses prouesses à la machette me prouvèrent bien vite l’opposé). Elle ne pouvait toutefois pas nier que Mackenzie, Kaleb, Amy, Raffael, Hunter, Willow, Jane… que tous ceux qui savaient d’elle plus que son prénom n’avaient pas eu peur de perdre plus « qu’une petite chose fragile » à protéger. Pour eux, elle était un membre de leur famille à part entière. En me mettant à la place de mon interlocutrice, je pouvais tout de même comprendre sa réticence à accepter ce fait. Après avoir été laissée à elle-même durant toute sa vie, la jeune fille apprenait maintenant ce que cela était d’être protégée en permanence. Ce brusque changement de perspective ne pouvait pas s’apprivoiser en quelques semaines seulement. Selon ses paroles, elle était toutefois parvenue à s’acclimater à ce nouvel environnement, donnant depuis ce jour le droit à Mackenzie et à Kaleb d’être ses parents.

« Oh, je sais très bien à quel point je peux avoir l’air d’un alien aux yeux des autres. Je crois que les rôdeurs le sentent aussi, ils savent qu’une indigestion les attend dès la première bouchée », répondis-je à la remarque de la jeune fille avant de laisser échapper un éclat de rire. Ce n’était pas la première fois qu’on trouvait mon comportement biscornu. Ayana enchaîna ensuite sur une bonne nouvelle, celle de la rescousse de son ami Samuel. Raconter cette histoire sembla lui redonner sa bonne humeur et son sourire. Je ne pouvais qu’imaginer ce qu’elle avait ressenti en revoyant son camarade épargné par le virus. Après tout, la vision de Ricky n’avait pas dû la rassurer sur le sort du dernier de ses amis. Tandis qu’Ayana prenait ce cliché de la chèvre et moi, une idée germa dans ma tête. Je me relevai et repris l’appareil. Je secouai la pellicule qui en avait jaillit et m’esclaffai devant l’œuvre d’art qu’Ayana avait capturée. On y voyait un homme arborant la traditionnelle duckface et formant le signe de la paix avec ses doigts, passant l’autre bras autour du cou d’une chèvre angoissée par cette situation inhabituelle.

« À ton tour de sourire pour la caméra », dis-je en portant l’appareil devant mes yeux. Après le premier cliché, je retirai l’instantané avant d’indiquer à Ayana de garder la pose. Je pris en tout quatre photos, que j’offris à l’adolescente. « Tiens. Une pour toi et une pour ton ami Samuel. Tu pourras lui prouver qu’on ne peut pas apercevoir le décor derrière toi, ça devrait être suffisant pour écarter ses théories sur les esprits. » Je disais cela sur le ton de la blague, bien que la situation n’avait pas dû être facile sur le coup. Je savais bien que le jeune homme avait dû être confus lors de leur réunion, sans quoi il n’aurait pas proféré de tels propos. Après tout, quelle chance y avait-il pour que son amie des rues se retrouve soudainement face à lui, près d’une demi-année après tout ce cauchemar de zombies? Il fallait bien que certains d’entre nous vivent des événements réjouissants, histoire de compenser pour toutes les histoires d’horreurs que plusieurs de nos semblables subissaient quotidiennement.

« Les deux autres sont pour Mackenzie et Kaleb. » Je croyais que ce présent pourrait leur faire chaud au cœur. Après tout, Ayana serait sûrement la seule enfant que le couple pouvait se permettre d’avoir. Je doutais un peu plus chaque jour que nous réussirions à éradiquer l’épidémie. Chaque humain qui périssait grossissait le camp de nos ennemis et ces derniers ne subissaient pas les mêmes contraintes que nous niveau nourriture, eau et sommeil. Pas le contexte pour songer à fonder une famille. Je pensai à la pauvre mère qui allait donner naissance dans cet environnement hostile et je frissonnai. J’étais convaincu que bien d’autres étaient aussi réticents que moi à l’idée de perpétuer la race humaine, sans savoir si Mackenzie et Kaleb en faisait partie. Je les croyais tout de même suffisamment rationnels pour réaliser tout le danger que cela représentait. Bien qu’ils fussent assurément comblés d’avoir Ayana dans leur vie, il restait qu’ils n’avaient pas eu la chance de voir ses premiers pas, d’entendre ses premiers mots… Tous leurs souvenirs impliquant leur fille étaient donc en pleine phase de développement et j’étais convaincu qu’ils apprécieraient sûrement d’avoir une photo de l’adolescente telle qu’elle était au moment de leur rencontre. « Alors, prête pour notre selfie? »
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Message(#) Sujet: Re: Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana

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Alcohol may be man's worst enemy, but the bible says love your enemy. - Ayana
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